A la découverte d'un métier

À Saint-Berthevin, à proximité de Laval, le Centre opérationnel Bretagne-Pays de la Loire (COBPL) est progressivement mis en service. Laurence Maka y est chargée de la supervision de la ligne et de la planification des travaux de maintenance pour OPERE.

Lorsqu’il sera pleinement en activité, c’est au COBPL que seront scrutées les installations techniques de LGV. À la moindre défaillance détectée, c’est Laurence ou un de ses collègues qui seront chargés de remonter l’information aux différentes entités de maintenance pour qu’elles puissent intervenir dans les plus brefs délais. « De 6h15 à 21h, deux opérateurs se succéderont pour superviser la ligne. Un troisième, en journée, sera chargé de la planification de la maintenance, précise-t-elle. À tour de rôle, car nous sommes polyvalents sur ces postes. » Parmi les opérations planifiées : le meulage annuel des rails pour y effacer les micro défauts ou le renouvellement du ballast tous les cinq ans, des travaux de prévention réalisés de nuit qu’il faut anticiper parfois de longue date. Autre mission des opérateurs : la sûreté des installations de la LGV et des bases de maintenance. Ce n’est pas la première expérience dans le domaine Ferroviaire pour Laurence : « En 1994 et pendant sept ans, j’ai aussi été conductrice de train pour le service de navette Shuttle d’Eurotunnel entre Calais et Folkestone en Angleterre ! ». Elle a également travaillé comme agent au sol en charge de la composition, de la vérification et des autorisations de circulation des trains de marchandises, pour différentes entreprises ferroviaires. « Nous sommes dans une phase d’élaboration et de test du fonctionnement du centre opérationnel, termine Pierre Chauby, son responsable. Laurence, qui a intégré l’équipe en octobre, est encore en formation. De mon côté, je suis en train de rédiger notre mode d’organisation. Nous serons prêts pour mai 2017. »

Laurence MAKA - Opératrice au COBPL 

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Danny OLIVEIRA - Agent de signalisation 

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Dans le processus de mise en place de la signalisation de la LGV, Danny Oliveira est contrôleur de la qualité. Une profession de terrain qu’il exerce accompagné d’un collègue sur la partie Est du tracé.

Le long de la ligne courent plus de 3 000 kilomètres de câbles enterrés ou dans des caniveaux. Reliés à des appareils de signalisation pour certains, à des outils de télécommunications pour d’autres, ils permettront aux trains de circuler en toute sécurité.

« Après le passage des câbleurs, notre métier consiste à vérifier si les connexions ont été faites comme il le fallait, explique Danny Oliveira. Nous passons derrière eux avec les schémas de montage et nous inspectons, visuellement mais aussi avec des outils spécifiques comme un mégohmmètre, si la continuité électrique est assurée ou si le câble est bien isolé. » Tous les matins, après une préparation du plan de travail de la journée dans leurs bureaux sur la base d’Auvers-le-Hamon, le binôme part, sur le terrain, entre la base et Connerré à l’est du Mans.

« Nous faisons un rapport pour chaque appareil vérifié. En cas de problème constaté, si la réparation est simple, nous la faisons. Sinon, un câbleur est rappelé pour intervenir. On avance ensuite vers la vérification suivante : on bouge tout le temps ! » Avant d’exercer ce métier, Danny a été lui-même câbleur sur la ligne à grande vitesse : les installations électriques liées à la signalisation n’ont donc pas de secret pour lui ! « Précédemment, j’ai travaillé sur d’autres chantiers ferroviaires pour Eiffage chez qui j’ai été embauché en 2012, après quelques mois d’intérim. » Sa formation d’électricien, il l’a faite au Portugal, son pays d’origine, puis a commencé à l’exercer dans le bâtiment. Une fois chez Eiffage, il a suivi une formation spécifique de neuf mois dédiée à la signalisation ferroviaire pour apprendre son métier.

Emmanuelle Sagette est la gestionnaire du temps pour le personnel en charge des équipements ferroviaires hors voies, responsable du suivi et de l’adaptation des plannings pour le bon déroulement du projet.

Un retard sur un chantier, lié à une contrainte météorologique, un problème d’approvisionnement de matériaux ou un souci sur un essai et c’est toute la réalisation de la LGV qui peut être retardée par effet domino.

« Ce ne doit pas être le cas, c’est mon rôle d’alerter et de mobiliser les acteurs afin de trouver une solution », explique Emmanuelle. En contact permanent avec les équipes de terrain et les responsables de lots, elle récupère l’ensemble des données sur les avancements des différents chantiers. « Nous avons des dates à respecter pour la bonne marche du projet. À chaque information que l’on me fait remonter, je vérifie si cette dernière nouvelle a un impact sur le timing général et nous étudions la manière dont nous devons nous adapter pour respecter les délais. » Interface entre le chantier et le client, son rôle consiste également à présenter les informations liées à l’avancée de la LGV à la direction de projet, le groupement concepteur - constructeur, à travers les faits marquants et autres indicateurs d’avancement. Son objectif : que les jalons principaux soient strictement respectés et que l’ensemble des équipes disposent bien des derniers plannings. Issue du milieu hôtelier, Emmanuelle s’est ensuite spécialisée dans le management de projet, pour terminer par la validation d’un Master. « C’est un métier qui s’apprend réellement sur le terrain, confie-t-elle, dans lequel la communication a une part très importante. Il faut aussi être curieux pour avoir une bonne vision transversale du projet et ainsi pouvoir s’assurer des interfaces entre les métiers. » Deux grands chantiers ont suivi ses études, un de stockage de gaz naturel en France et un autre de relevage des eaux usées au Qatar ; elle a ensuite quitté la Bourgogne pour venir s’installer à Saint- Berthevin il y a trois ans et demi.

Emmanuelle SAGETTE - Responsable plannification

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Samad el KHANCHOUFI - Chef opérateur de poste exploitation ligne

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Leur objectif : favoriser une bonne coordination opérationnelle entre les différents acteurs et garantir la sécurité des chantiers.

Dans son bureau situé sur la base de Saint-Berthevin, l’équipe des opérateurs de poste exploitation ligne (Opel) suit l’avancée des travaux. Par l’intermédiaire d’un émetteur récepteur radio, ceux-ci indiquent et repèrent sur leurs ordinateurs les positions des convois et des chantiers de voie. Les convois équipés de balise

Les GPS se déplacent automatiquement sur les écrans en fonction de leur position réelle sur le terrain. Pour pallier tout risque de panne informatique, les informations sont doublées au mur sur des cartes qui reproduisent le tracé de la LGV, en déplaçant de petits magnets : un aimant symbolise le train de pose des voies, un autre celui qui l’alimente en rails, en traverses ou ceux qui assurent le transport de ballast… « Ici, nous sommes au central, où, à distance, chaque chantier élémentaire s’identifie pour effectuer une action. Dès lors, nous appliquons le RTES, le document de référence sécurité ainsi que le programme journalier défini la veille pour lui donner une autorisation. Notre travail consiste à fluidifier la ligne et assurer la sécurité des circulations qui l’empruntent et du personnel qui travaille dessus.» À 35 ans, Samad a une longue expérience des métiers du ferroviaire : « Mon cursus initial est pourtant très éloigné de cette profession : j’ai un niveau BTS, que j’ai fait dans l’action commerciale. Ensuite, j’ai travaillé dans une entreprise du sud-ouest dans laquelle j’ai appris à poser des voies ferrées. Enfin, je suis entré chez SFERIS, filiale de SNCF Réseau, il y a trois ans, où j’ai débuté par de l’annonce humaine pour assurer la sécurité des ouvriers vis-à-vis du risque ferroviaire. J’ai ensuite progressé dans l’entreprise et j’ai acquis de l’expérience en tant que responsable d’exploitation de ligne fermée». Après une formation Opel à Louverné, il a intégré les locaux de Saint-Berthevin en janvier, puis est devenu chef d’équipe en avril. « C’est une évolution dans ma carrière.»

Ils sont deux en ce moment sur la LGV-BPL et travaillent à Rennes : Anne-Laure Bethe et Benjamin Robert. Ils pratiquent cette profession récente, née dans les années quatre-vingt avec le développement de l’informatique.

Tous deux sont chargés de gérer l’information géographique en lien avec le projet, de l’intégration des données dans des bases jusqu’à leur édition sous forme de cartes, au profit de la communication autour de la ligne et de différents métiers, de la prise de décision dans les bureaux jusqu’aux acteurs de terrain. « Tout l’intérêt d’un système d’information géographique (SIG), c’est de pouvoir superposer différents niveaux d’information et ensuite de les interroger, explique Anne-Laure Bethe. Sur un plan géoréférencé comme une carte IGN ou une photo aérienne, nous pouvons y ajouter une première couche de données tirée de nos bases, le tracé de l’emprise foncière par exemple. Ensuite, on peut croiser cette donnée avec le parcellaire, les zones de compensation, les clôtures RFN, les passages faune, en fonction de l’analyse que l’on souhaite faire. » Chacun récupère les informations via les professionnels sur le terrain ou la crée lui-même, à partir de plans ou de données collectées. Dans les deux cas, il faut bien sûr s’assurer de l’actualisation de ces données. « Ce métier existe surtout dans l’administration territoriale, là où précisément il y a un territoire à gérer, précise Benjamin Robert. C’est assez nouveau de l’intégrer dans les projets BTP. Mais nous sommes ici dans une situation spécifique : c’est un projet linéaire, sur une très grande distance. » Des formations existent de niveau Bac +2 (BTS géomètre topographe), Bac+3 (Licence pro systèmes d’information géographique) et Bac +5 (Master systèmes d’information géographique (SIG) ou diplôme d’ingénieur).

Anne-Laure BETHE et      Benjamin ROBERT - Géomaticien(ne) 

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 Boris SALOME - Responsable logistique  

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Fonction support, la logistique permet d'alimenter le chantier en équipements pour pouvoir réaliser les travaux. 

Avec ses équipes, Boris Salomé s'assure de l'approvisionnement des câbles, des caniveaux en béton ou du matériel électrique, de sorte à les avoir en quantité suffisante au bon endroit, au bon moment. Pour cela, il suit le planning des travaux : certains chantiers se font avant la pose des voies, d'autres auront lieu après. Les commandes sont réalisées en conséquence. "Il faut comprendre que la logistique est un facteur-clé de la réussite des projets de nos jours, avec l'augmentation du tarif du gazole et la montée des prix de l'immobilier : transport et stockage coûtent de plus en plus cher." Conséquence : les entreprises cherchent désormais à optimiser les coûts. En collaboration avec lui, une personne en charge de l'approvisionnement est en contact permanent avec les fournisseurs. Sur chacune des bases, un responsable magasin et un cariste accueillent les livraisons, vérifient si elles sont conformes et chargent le matériel en partance pour les chantiers de la LGV. "C'est une profession qui demande beaucoup d'organisation. Il faut être à la fois cartésien et en même temps être très flexible. Ce qui m'a motivé sur ce projet, c'est la possibilité de tout mettre en place. En effet, il est possible de travailler comme responsable logistique dans n'importe quel type d'industrie, de la grande distribution au BTP. Mais, dans certaines structures, tout est déjà là, existant. Ici, on est constamment en mode projet ! ". Après une école de commerce, Boris a suivi une formation de deux ans afin d'obtenir un master en logistique, d'un niveau Bac +5 : des formations récentes à ce niveau là, liées aux nouveaux besoins de l'industrie, mais qui assurent des débouchés.

Exerçant une profession autant administrative que de terrain, les conducteurs de travaux planifient et supervisent la réalisation des chantiers.

En cette fin de matinée, Benjamin LAFUENTE prend sa voiture pour se rendre sur des viaducs de la LGV situés au nord de Laval. Les travaux avancent bien et les finitions des ouvrages d'art sont en cours. "Je fais un tour sur mes chantiers quasi quotidiennement ; je m'occupe de six ouvrages d'art non courants sur le TOARC C de la Ligne", commente le conduteur de travaux pour Eiffage TP Grands Travaux. Sa fonction : élaborer des agendas pour que les ouvrages soient réalisés en temps et en heure, gérer les budgets, le matériel ainsi que le personnel en charge de son utilisation. "Il s'agit dans les faits d'organiser le chantier. Pour cela, je fais mon planning en lien avec le chef de chantier, responsable de différentes équipes sur le terrain." Lors de ses visites, Benjamin vérifie la qualité du travail réalisé et le respect des normes de sécurité environnementales et s'assure également qu'aucun engin n'est inutilisé...Le conducteur de travaux ne participe pas aux études de réalisation : "quand j'arrive, on me donne un dossier en me disant : voilà ce qu'il y a à faire ; c'est ici que commence ma responsabilité." 

Après un DUT et une licence professionnelle, "bien que 90 % des conducteurs de travaux soient actuellement issus d'écoles d'ingénieurs", c'est au Sénégal qu'il commence sa carrière. Il y construit une centrale thermique et un silo à ciment. De retour en France, il part à Besançon pour une LGV, puis en Martinique pour une nouvelle centrale thermique. "Chez Eiffage TP Grands Travaux, on se déplace beaucoup en fonction des chantiers importants. Pour moi, ce mouvement perpétuel est un plaisir, un choix de vie. Quand on arrive dans un nouvel endroit, on ne connaît personne dans la ville, mais des liens existent déjà avec les professionnels car c'est un petit milieu."

Le jeune homme a également pu constater que le métier, centré sur la gestion et le suivi de personnel, se féminise de plus en plus.

Benjamin LAFUENTE - Conducteur de travaux 

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Cindy HAMN - Préventeur sécurité  

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Ils ont en charge la prévention des risques en milieu professionnel auprès des équipes en charge de la construction de la ligne, à toutes les étapes : terrassement, ouvrages d'art ou pose de la voie ferrée. 

Dans sa salle de travail à La Milesse, à quelques kilomètres au nord du Mans, Cindy Hamn termine la prise de note en cours sur son ordinateur : "la moitié de mon travail se déroule dans mon bureau, l'autre sur le terrain", explique la préventrice d'Eiffage Grands Travaux, en charge des équipes qui construisent les ouvrages d'art sur les TOARC F et G, les deux tronçons situés les plus à l'est du tracé, en Sarthe. "Au début du chantier, pendant sa phase de démarrage, j'étais moins souvent à l'extérieur. Une fois les équipes en place et les travaux de génie civil lancés, une grande partie de mon temps a été consacrée au contrôle des règles de sécurité". Son objectif : éviter tout accident sur les chantiers en s'assurant que les mesures préconisées par le code du travail soient mises en place et respectées.

"Pour tendre à ce résultat, il arrive qu'Eiffage impose des règles encore plus strictes. C'est le cas par exemple pour les conducteurs d'engins : le minimum requis est la maîtrise de la conduite, une connaissance du site et des règles de sécurité et un passage par une visite médicale. Pour travailler sur le chantier BPL, Eiffage demande en plus le Certificat d'aptitude à la conduite en sécurité (CACES) et la validation des connaissances de l'opérateur pour la conduite en sécurtié du matériel concerné."

La formation au métier de préventeur passe par un DUT hygiène et sécurité environnement, aux nombreux débouchés : métiers de la prévention dans l'industrie et dans le BTP, métiers de l'environnement ou dans la protection des personnes. Cindy conseille cependant de terminer son cursus par une licence pro ou un master pour mieux s'orienter ensuite. 

Présent sur tous les TOARC de la LGV pour le suivi des terrassements et la construction des ouvrages d'art, leur rôle est essentiel pour garantir une protection maximale de l'environnement.

A une dizaine de mètres de la trace, en limite d'emprise non loin de Louvigné-de-Bais, Ahousseny SAWADOGO vient constater le creusement de deux nouvelles mares, qui pourront d'ici peu accueillir des batraciens. Pentes douces, terre végétale non tassée, situation en bord de ruisseau : le chargé environnement du TOARC A est satisfait. Grenouilles et crapauds devraient facilement adopter ce lieu pour se reproduire.

"J'accompagne les équipes travaux pour m'assurer que les engagements de l'Etat en matière de protection de l'environnement et les arrêtés Loi sur l'eau sont respectés", précise-t-il. "Mon rôle est également de prévenir toute pollution et dégradation sur le chantier". Il préconise par exemple la mise en place de filtres sur les eaux de ruissellement, pour éviter de troubler  les rivières à proximité, il conseille les équipes sur les zones de ravitaillement en carburant qui doivent impérativement se situer loin des cours d'eau ou encore, il étudie les moyens d'éviter les rejets des fluides très alcalins issus du béton. "La réglementation dans ces domaines est de plus en plus stricte. Mais au delà, il y a clairement une volonté de la part d'Eiffage de mettre les moyens pour dépasser les attentes réglementaires." Avant d'intégrer Eiffage TP en 2006, Ahousseny a obtenu son DUT génie de l'environnement puis à suivi un Master gestion des risques environnementaux et industriels. "C'est une profession très recherchée dont les débouchés peuvent se situer aussi bien dans l'agro-alimentaire que l'industrie, le conseil en entreprise ou les services de contrôle de l'Etat."

Ahousseny SAWADOGO - Chargé Environnement

 

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Margot NGUYEN - Géomètre topographe

 

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C'est en pleine campagne, à la limite de l'Ille-et-Vilaine et de la Mayenne, que nous croisons Margot Nguyen, son GPS à la main. La jeune femme nous présente sa profession. 

Au bout de la nouvelle départementale, le pont qui enjambe la LGV vient d'être achevé. La circulation sera bientôt rétablie sur le tronçon routier récemment refait, mais il manque encore les marquages au sol. Une bombe de peinture orange à la main, son GPS dans l'autre, Margot inscrit sur le bitume des points de couleur : "Ce sont des indications qui vont permettre aux équipes chargées du balisage de connaître précisément l'endroit où peindre la signalisation routière horizontale. J'ai égalemet pris les mesures de l'épaisseur des nouvelles couches d'enrobé, et relevé le nouveau tracé de la route. Il servira pour le récolement, qui permettra de comparer les plans du projet aux ouvrages réalisés sur le terrain."

A 24 ans, Margot vient de décrocher son premier emploi grâce au chantier de la LGV. Après un IUT génie civil à Rennes, puis une licence pro géomètre au Mans, elle a d'abord fait un stage chez Eiffage Travaux Publics Ouest dans la capitale bretonne, rapidement transformé en embauche. "Au lycée, j'aimais bien les matières scientifiques. J'ai passé un bac S, puis j'ai cherché un métier qui comportait beaucoup de terrain." Profession indispensable sur un tel chantier, on retrouve des géomètres topographes à de nombreuses étapes, lors des terrassements ou encore pour les constructions d'ouvrages. "Je pense que les débouchés sont réels. C'est également un métier BTP qui se féminise."

 

A l'occasion de la 500e embauche locale sur le projet - un aide-coffreur intégré dans l'une de ses équpes - Didier Audin, chef de chantier principal dans le génie civil pour Eiffage TP, nous présente la profession de coffreur bancheur.

Grâce à sa capacité à prendre toutes les formes, le béton est très utilisé dans les constructions actuelles. Sur la LGV BPL, il constitue l'élément de base des 239 ponts et viaducs, renforcé par des armatures d'acier. "Le coffreur bancheur pose les panneaux de coffrage métalliques ou en bois qui vont permettre de donner sa forme au béton une fois coulé. L'aide-coffreur l'assite dans cette pose : sans aide, un coffreur ne peut rien faire." Un métier que pratique désormais Maël Choisnet, embauché sur le chantier après un apprentissage réalisé auprès de l'Association nationale pour la Formation Professionnelle des Adultes (AFPA). L'équipe dans laquelle il a été intégré vient de réaliser un pont-rail sur la RD20 à l'est de Laval, entre Soulgé-sur-Ouette et Bazougers dans la Mayenne. "En fonction des personnes, il faut environ deux à trois ans pour devenir un coffreur bancheur confirmé : c'est une profession dans laquelle l'expérience est très importante. En effet, on ne réalise pas que des ponts, mais aussi des galeries, des tunnels pour les métros, des barrages...Il faut du temps pour maîtriser toutes ces situations." Un métier qui permet de nombreuses évolutions ; pour preuve, l'expérience de Didier Audin lui-même. Désormais chef de chantier principal, il a débuté comme coffreur à l'âge de 14 ans. Depuis 2007, il est également tuteur, suite à une formation spécifique qu'il a reçue lui permettant d'accueillir des novices sur les chantiers. En parallèle, il est aussi membre du jury d'une école de formation professionnelle.  

 

Maël CHOISNET - Coffreur Bancheur

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Olivier SABER - Laborantin


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Entouré de ses appareils de mesures, dans son laboratoire installé sur la base de vie d'Étrelles, Olivier SABER, responsable laboratoire pour le TOARC B du chantier de la LGV, nous a reçu pour nous présenter son rôle sur le projet. 

Des sacs de terre et de roches sont entreposés dans le bungalow converti en laboratoire. Dans les pièces adjacentes au sas d'entrée, d'étranges appareils d'analyses et de mesures, en verre et en métal, sont posés sur des paillasses. D'autres, plus gros, sont stockés à même le sol. "Ce bêcher et le flacon de bleu de méthylène nous servent à déterminer l'argilosité des terrains, quant à cette presse, sa fonction consiste à mesurer l'indice de portance des matériaux", précise Olivier SABER. Avec son équipe, il est chargé d'affiner le profil des sols sur sa section de travaux, pour que le terrassement se déroule au mieux. Il est également en charge d'analyser les déblais afin de rendre compte des modalités de compactage ou de leur mise en dépôt.

Si une formation existe depuis peu à Nancy, Olivier considère que l'expérience est primordiale pour travailler comme laborantin. "C'est un métier qui peut recruter des personnes venant d'horizon divers, pour peu que l'on soit curieux et motivé", analyse-t-il. Il a d'ailleurs recruté un laborantin formé...dans le métier du sport ! Sa profession lui a permis de voyager en France et à l'étranger, avant de suivre la construction de trois autoroutes sur le territoire national et de passer six mois sur un chantier en Guinée. 

Dans leur bureau de l'installation principale de Louverné, au nord de Laval, Nicole GIRARDet Steven POLLY établissent  les plans de méthodes du chantier en relation avec les ingénieurs travaux pour réaliser les ouvrages d'art de la LGV.

"Projeteur, en réalité c'est un grade. En fait, on peut dire que nous sommes dessinateurs", explique en toute simplicité Nicole. Depuis 10 ans, elle travaille pour Eiffage, essentiellement sur les Grands Projets : LGV Est-Rhin-Rhône, Bretagne - Pays-de-la-Loire, contournement autoroutier d'Angers ou stade de Lille. Elle a circulé un peu partout dans le pays. Armée d'un clavier, d'une souris, d'un très grand écran et d'un traceur pour impressions, elle crée avec son collègue Steven POLLY, des plans qui serviront à tout un ensemble de professionnels de chantier.

"Nous dessinons les plans généraux de détails, d'accès, d'installation des chantiers. Dessus, on peut y trouver les routes autorisées ou interdites aux poids lourds, les points de secours...". Techniques donc, mais également éléments de sécurité et éléments nécessaires au respect de l'environnement sont présents sur leurs dessins.

Niveau formation, les études durent trois ans : après un BTS Travaux Publics, le diplôme s'obtient après une licence de dessinateur-projeteur.

 

Nicole GIRARD et Steven POLLY - Projeteurs

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Gérard SINEAU et David GERAPPI - Conducteurs d'enginsGérard Sineau.png

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Gérard SINEAU est conducteur de niveleuse de précision, David GERAPPI est quant à lui conducteur de pelle de production. Situés respectivement sur les chantiers de la base travaux ferroviaires de Saint-Berthevin en Mayenne et celui du Pertre en Ille-et-Vilaine, ils interviennent lors de la phase de terrassement. 

Depuis son poste de consuite, Gérard Sineau abaisse la lame de sa déniveleuse : celle-ci est prête pour régler la couche superficielle du sol. Sur sa base travaux, il a ainsi réalisé les finitions des routes, de la trace de la ligne et des plates-formes pour les bâtiments. "J'ai commencé à 16 ans, en regardant un chantier près d'Angers, d'où je suis originaire. Un des chefs sur place m'avait demandé si ça m'interessait. Depuis, je ne suis pas descendu des engins !" Avec ses quarante ans d'expérience dont treize chez Eiffage, il a déjà fait plusieurs fois le tour de la France :  s'il a travaillé sur la première LGV Paris - Lyon dans les années 70, à la même époque il est intervenu pour la cration de l'autoroute Rennes - Le Mans. Plus qu'un métier, c'est pour lui une passion qu'il a su transmettre à trois des ses enfants : une de ses filles travaille aussi sur la LGV - BPL au volant d'un tombereau. Une autre est directrice de travaux à Nîmes et son fils est pelleteur de finition.

C'est également en famille que David GERAPPI est venu ici : originaire des Vosges, il suit les chantiers avec sa femme et ses enfants. "C'est un mode de vie que j'apprécie, mais qui peut être précaire par moment. Je remercie ma famille de l'accepter", précise-t-il d'emblée. Lui, c'est sur les 80 tonnes de sa pelle de production qu'il évolue. "En amont, la roche est minée, puis nous intervenons, avec les camions, pour dégager la trace." Une profession qui demande selon lui beaucoup de volonté et dont les conditions de travail ont beaucoup évolué : "siège confortable, engins rapides et bien insonorisés. Tout est donc réuni pour faire le boulot correctement. D'ailleurs, aux commandes de ma machine, je dis souvent que je suis dans mon bureau !"